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3 choses à savoir sur la courbe d’apprentissage

la courbe d'apprentissage

À mon travail, on se dispute actuellement à propos de notre courbe d’apprentissage (évidemment, c’est pas le terme qu’on emploi).

Ça concerne nos échelles salariales et catégories d’emploi. Pour faire une histoire courte, si on arrive à prouver à notre employeur que ça prend à nos recrus deux ans au lieu de seulement un an pour devenir complètement autonomes, on passe à la catégorie supérieure et on obtient une augmentation de 5%. Oui, il y a de l’excitation dans l’air!

Dans n’importe quel travail ou activité humaine, l’efficacité augmente avec la répétition et une courbe d’apprentissage est la meilleure façon de quantifier et montrer cette amélioration graphiquement.

Voici trois choses que vous devriez savoir sur cette courbe.

D’abord, la courbe d’apprentissage peut monter ou descendre. Elle descend lorsqu’on mesure la diminution du temps, énergie ou nombre d’essais requis pour accomplir une tâche (axe vertical) à mesure que l’expérience augmente (axe horizontal).

Mais habituellement, la première image qui nous vient en tête, c’est une courbe ascendante. Dans ce cas, on mesure la croissance des résultats or du volume d’apprentissage (axe vertical) produit par une hausse de l’expérience (axe horizontal).

En passant, lorsque les anglophones parlent d’une steep learning curve, ils expriment en fait le contraire de ce qu’ils veulent dire parce qu’une courbe d’apprentissage abrupte indique plutôt un progrès rapide.

Deuxièmement, une courbe d’apprentissage prend généralement la forme d’un S (voir image ci-dessus). Lorsqu’on commence quelque chose de nouveau, c’est souvent difficile au départ; puis, après un certain temps, le progrès s’accélère; mais avec le temps, le rythme d’amélioration finit par diminuer et éventuellement se stabilise.

Cette dernière phase est liée à la loi des rendements décroissants, qui stipule que le perfectionnement devient de plus en plus difficile à mesure qu’on s’approche d’un niveau d’expertise élevé. Chaque unité d’input va produire de moins en moins d’output.

La forme en S se produit surtout avec l’apprentissage de compétences. Je peux en témoigner : ma fille apprend à jouer de la flûte actuellement.

Troisièmement, la courbe d’apprentissage est utilisée dans plusieurs secteurs, pas seulement pour évaluer le progrès des travailleurs, mais celui de toute l’organisation. Chaque fois qu’on double le volume de la production, le taux d’amélioration peut augmenter de 5% à 30% selon le type de travail.

Voici quelques taux d’apprentissage moyens de certains secteurs:

  • Matières premières: 5%
  • Fabrication d’appareils électroniques: 10%
  • Aéronautique: 15%
  • Construction navale: 20%
  • Opérations électriques: 25%

Comme le montre mon anecdote ci-dessus, mon employeur nous rémunère selon des catégories de difficulté prédéfinies plutôt que sur l’amélioration individuelle. Pourtant les variations n’existent pas seulement au niveau des tâches, mais évidemment aussi entre les personnes.

Savez-vous comment reconnaître la courbe d’apprentissage d’apprenants top niveau? Eh bien, cherchez des courbes qui sont droites, accentuées et qui semblent ne plus vouloir s’arrêter.

La croissance économique est impossible sans apprentissage

causes de la croissance économique

« Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez donc l’ignorance », comme l’a bien dit un ancien directeur de l’Université Harvard.

Quel que soit son but premier, l’éducation a un impact énorme sur la productivité et la santé économique d’un pays.

Lorsqu’on regarde les données, on voit une corrélation claire entre le niveau de scolarité d’une population (taux de scolarisation) et le PIB de son pays. Aujourd’hui, allons plus loin et voyons pourquoi l’apprentissage est actuellement le principal moteur économique.

Tout d’abord, comment est-ce qu’une économie croît?

Si vous vous souvenez de vos cours d’économie, vous savez que la croissance dépend habituellement de l’augmentation des quatre facteurs de production traditionnels, c’est-à-dire

  1. La terre
  2. Le travail
  3. Le capital
  4. L’entrepreneuriat

Mais en réalité, ces éléments sont généralement assez fixes dans les économies développées. Au lieu, comme certaines théories récentes l’ont proposé, la croissance économique se résume à deux facteurs :

  1. Travailler plus intelligemment (capital humain)
  2. Utiliser de meilleurs outils (technologie)

Donc, le truc dans les économies du savoir, c’est de faire mieux, pas d’avoir plus. Évidemment, travailler plus fort, utiliser plus de machines et extraire des ressources naturelles de plus de terres va générer de la croissance. Mais ce n’est pas de là que vient la majeure partie de nos gains en productivité des dernières décennies.

Plutôt, ces gains ont été obtenus grâce à une amélioration de nos équipements et de notre façon de travailler. Autrement dit, la croissance actuelle découle surtout d’une utilisation plus efficace d’actifs existants. Examinons brièvement les deux façons d’atteindre ce résultat.

Le capital humain désigne le savoir, les compétences et l’expérience des travailleurs d’un pays. En général, plus ces travailleurs sont formés et scolarisés, plus ils deviennent productifs. Le principe général derrière ceci, c’est la spécialisation et division du travail, qui a été l’une des forces économiques les plus puissantes depuis la révolution industrielle.

L’innovation technologique désigne le développement et l’adoption de meilleurs procédés et produits. Même s’ils sont en désaccord sur la proportion de la croissance qui est générée par les nouvelles technologies, tous les économistes affirment qu’elles jouent un rôle capital. Par exemple, le gagnant du prix Nobel Robert Solow lui attribue plus de 80%.

Alors, qu’est-ce qui permet au savoir et à la technologie de se développer?

Un apprentissage efficace, bien sûr. Dans un monde où le changement est omniprésent, il n’y a pas de meilleur moyen, pardon, il n’y a pas d’autre moyen de réussir.

Par conséquent, les apprenants top niveau sont vraiment au cœur de la croissance économique.

Les 5 types de travailleurs du savoir (ou 5 rapports au savoir)

qui sont les travailleurs du savoir

Quel est le but de mon blog? Aider les travailleurs du savoir à devenir des apprenants top niveau.

Notre environnement change tellement rapidement que connaître (statique) est devenu moins important que la capacité de connaître rapidement (dynamique).

Mais avant de voir le comment, réglons la question du quoi. Qu’est-ce qu’un travailleur du savoir?

Voici la définition du célèbre Peter Drucker: « Quelqu’un qui en connait plus sur son travail que tout autre dans son organisation.»

Perspicace, mais un peu vague.

Une bonne façon de saisir ce qui caractérise ces travailleurs est d’inspecter leur rapport au savoir. Selon l’expert en gestion des connaissances Tom Davenport, les travailleurs du savoir traitent le savoir de cinq façons différentes.

Ils peuvent:

  1. le créer
  2. le trouver
  3. l’assembler
  4. le distribuer
  5. l’appliquer

Les créateurs de savoir sont les catalyseurs de tout travail du savoir. Plus que les quatre autres types, le travail de création se passe dans le cerveau du travailleur. Par exemple, les chercheurs, auteurs et inventeurs.

Les chercheurs de savoir sont experts pour trouver rapidement la bonne information pour d’autres utilisateurs. Par exemple, les bibliothécaires, analystes du renseignement et chasseurs de têtes.

Les rassembleurs de savoir regroupent les connaissances générées par les créateurs. Leur premier but est de rendre la tâche des autres travailleurs du savoir plus efficace. Par exemple, les éditeurs, programmateurs et designers.

Les distributeurs de savoir transmettent des connaissances ou créent des systèmes et procédés pour en améliorer l’accès. Par exemple, les enseignants, journalistes et gestionnaires.

Les praticiens du savoir se situent à la fin de la chaîne de la connaissance. Leur travail est d’utiliser et réutiliser le savoir pour accomplir des objectifs précis. Par exemple, les médecins, comptables et avocats.

Avant de trouver des stratégies pour améliorer votre performance et devenir un-e apprenant-e top niveau, vous devriez d’abord clarifier le rapport que vous avez avec le savoir dans votre emploi.

Alors, quel type de travailleur du savoir êtes-vous?