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Gagner la guerre de l’attention est vital pour l’apprenant top niveau

augmenter pouvoir de concentration

Le grand blogueur du deep thinking, Cal Newport, se pense fort parce qu’il n’est pas sur Facebook ;-). Tenez-vous bien: je n’ai même pas de téléphone intelligent. Je ne dis pas jamais, mais je ne peux pas me permettre ce truc pour l’instant. Ça bouffe trop d’attention.

Pour les travailleurs du savoir, la capacité d’attention est la chose la plus vitale au monde.

Si vous n’arrivez pas à utiliser votre puissance de traitement (alias l’attention) de façon stratégique, vous ne pourrez jamais vous développer, professionnellement et personnellement.

Lorsqu’il est question des avantages à exercer son muscle de l’attention, la plupart des blogueurs parlent de l’augmentation de la productivité générale. Évidemment, si vous ne pouvez pas concentrer votre attention sur vos objectifs, vous pouvez leur dire adieu.

Creusons plus loin et regardons le rendement cognitif. L’attention soutenue est la capacité qui nous permet de réfléchir de façon approfondie. Autrement dit, les opérations mentales complexes sont impossibles si on est incapable de soutenir son attention et d’écarter les distractions.

Mais pourquoi devrait-on se préoccuper de la réflexion approfondie?

Pour trois raisons. La réflexion approfondie produit une importante valeur ajoutée, augmente la capacité d’apprentissage et apporte une grande satisfaction.

La réflexion approfondie diffère radicalement de la pensée mécanique quotidienne qui nous permet de fonctionner dans le monde et gagner sa vie. Seulement la réflexion approfondie peut produire des percées créatrices, des changements de paradigmes et des solutions aux problèmes complexes. En termes simples, la réflexion approfondie peut décupler votre valeur (capital intellectuel personnel).

La réflexion approfondie va aussi faire de vous un meilleur apprenant. Comme l’explique Cal dans plusieurs de ses articles, atteindre un niveau expert dans n’importe quel domaine requiert de la pratique délibérée, et la réflexion approfondie est la pratique délibérée mentale par excellence. En effet, plus vous monter dans la taxonomie d’apprentissage de Bloom, plus les activités cognitives deviennent exigeantes.

Enfin, produire des idées géniales ne fera pas qu’avancer dans votre carrière; ça va aussi contribuer à votre valorisation. Ce que vous ressentez après un effort cognitif fructueux est simplement formidable.

Mais il y a une mauvaise nouvelle: la plupart d’entre nous sommes en train de perdre la guerre de l’attention (regardez la longueur de mes paragraphes). La capacité d’attention moyenne est apparemment en déclin.

Laissez-moi terminer sur une note positive cependant. Vous pouvez apprendre à contrôler votre attention. Pratiquez-vous à explorer un sujet en profondeur dans votre tête. Sans interruption. Ça veut dire qu’à toutes les 8 secondes (la capacité d’attention moyenne actuelle), vous devrez faire un effort conscient pour rester sur le sujet.

Si vous arrivez à faire ça pendant une heure, vous aurez en main l’une des principales clés de l’apprentissage top niveau.

Comment corriger l’erreur la plus courante en communication

prise de parole en public

En tant que prof et orateur, ça m’arrive encore. Presque tout le temps en fait. Même après des années de pratique. Mes collègues chez Toastmasters me le rappellent souvent, mais on dirait que je n’arrive pas à corriger le tir.

Dans mes cours et discours, je transmets trop d’informations, je parle trop vite et ensuite, je me demande pourquoi je ne parviens pas à couvrir toute la matière que j’ai préparé.

Dans son excellent livre Les 12 lois du cerveau, le docteur John Medina appelle ça du gavage et affirme qu’il s’agit de l’erreur la plus fréquente en communication. En fait, le problème ne vient pas tant de la quantité d’informations, mais du temps alloué ensuite pour établir les liens.

Pourquoi les profs et formateurs empiffrent-ils leurs étudiants?

Ils se concentrent trop sur l’alimentation (enseignement) et pas assez sur la digestion (apprentissage). Comprenez-moi bien: les cours magistraux et les discours sont très efficaces pour transmettre rapidement des connaissances. Le problème, c’est que très peu d’apprentissage se produit pendant qu’on les donne. L’apprentissage est un processus actif et interne qui prend place par la suite.

Que peut-on faire pour y remédier?

La solution est de donner la priorité aux apprenants, et ce que les apprenants désirent avant tout, c’est de la précision et de la clarté. Les experts oublient souvent ce que c’est que d’être débutant et inondent leur auditoire d’une pluie d’informations.

Comme m’a déjà dit un conférencier professionnel, un bon discours ne devrait transmettre qu’un point et votre auditoire devrait être en mesure de l’identifier clairement. De la même façon, les cours magistraux devraient converger vers un seul concept clé.

Donc, qu’est-ce que je peux faire pour vaincre ce démon de la communication et devenir enfin un communicateur hors pair?

Je dois comprendre que moins égale plus. Je dois ralentir, éliminer l’info inutile et me concentrer sur l’élément unique que je veux que ma classe ou auditoire retienne quand j’aurai fini de parler.

Pourquoi j’ai laissé tomber la radio parlée pour écouter de la musique

musique vs radio parlante

Jusqu’à récemment, je regardais de haut les gens qui écoutaient de la musique sur la route.

Quelle perte de temps. Pourquoi ne pas profiter de ce temps mort pour se tenir au courant de ce qui ce passe dans le monde? Qui ne souhaite pas être la personne la plus informée dans la pièce? C’est tentant, mais non merci. J’en suis venu à cette conclusion récemment : toute cette info, ça ne m’apporte rien.

Vous l’aurez peut-être deviné : je suis un nouveau converti au régime faible en informations. Voici pourquoi.

Lorsque vous roulez vers votre boulot ou opérez n’importe quelle tâche en autopilote, votre cerveau est sur l’un des trois modes suivants. Soit vous vous concentrez sur ce qui se passe dans votre tête (réflexion profonde), soit vous vous concentrez sur ce qui se passe autour de vous (réception d’informations), soit vous ne vous concentrez pas du tout (pensée superficielle).

Or, c’est impossible de devenir un-e apprenant-e top niveau si vous ne développez pas votre capacité de réflexion, ce qui implique nécessairement de faire plus de place au premier mode.

Évidemment, l’acquisition de nouvelles informations est cruciale. Comme l’a montré Benjamin Bloom, les habilités supérieures de la pensée s’en nourrissent. Par contre, un apprenant-e top niveau doit filtrer et limiter les informations entrantes.

Tim Ferris vise en plein dans le mille lorsqu’il affirme qu’une richesse d’informations crée une pauvreté d’attention. Et vous savez quoi? L’attention, c’est le carburant de la réflexion claire, profonde et créatrice. Toute nouvelle information qui ne vous fait pas réfléchir devrait être classée comme divertissement.

Notre troisième mode de pensée, le vagabondage de l’esprit, ne devrait pas être écarté comme étant complètement inutile. Tout d’abord, c’est le mode de fonctionnement par défaut du cerveau (nous y sommes près de la moitié du temps). Mais plus important encore, ce mode produit des idées créatives car il est propice aux associations d’idées.

Pendant vos temps morts, essayez donc de réduire votre apport d’informations et le vagabondage de l’esprit; faites plutôt de la place à la réflexion profonde (c.-à-d. celle qui donne un résultat), telle que la recherche et résolution de problèmes, ainsi que la planification (de votre prochain blog par exemple).

La prochaine fois que vous conduirez votre voiture, faites comme moi. Syntonisez de la musique (ou éteignez tout bruit) et commencer à réfléchir.