Comment devenir un expert en 3 étapes

Devenir une autorité dans son domaine

J’adore parler en public et mon rêve est de devenir conférencier professionnel. Mais après avoir lu The Wealthy Speaker 2.0 de Jane Atkinson et avoir parlé à des professionnels, j’ai compris que je devais d’abord travailler sérieusement sur mon expertise.

Comment donc devenir un expert rapidement ?

Voici ma recette en trois étapes (il s’agit du résumé d’une capsule que j’ai publiée il y a quelques années).

  1. Maîtriser son sujet
  2. Trouver sa voix
  3. Se faire remarquer

Avant de vous lancer dans ce projet, vous devez savoir qu’une expertise, c’est relatif. Après quelques années de pratique par exemple, vous pourriez être un expert aux yeux de certains novices, tandis que des professionnels de carrières vous verront peut-être encore comme un débutant.

Selon une règle générale, un expert est une personne qui en connaît plus que 95% des intervenants dans son domaine.

  1. Maîtriser son sujet

D’abord, il faut choisir un créneau et y concentrer toute son énergie. Plus vous serez restrictif, plus votre expertise émergera rapidement. Par exemple, dans The End of Jobs, Taylor Pearson raconte l’histoire d’un gars qui est devenu une autorité mondiale sur la construction de cabanes de chasse aux canards en écrivant un livre électronique sur le sujet. Certains appellent ça de la micro-spécialisation.

(Je sais, dans ce blog, je ne prêche pas par l’exemple ; c’est parce que j’ai une stratégie de blogging spéciale)

Selon votre niveau actuel d’expertise, d’expérience et de motivation, cette étape peut prendre entre une et trois années (ou plus, si vous adhérez à la règle des 10 000 heures). L’essentiel, c’est de suivre un programme rigoureux et régulier comprenant le bon dosage de théorie et pratique.

  1. Trouver sa voix

Ensuite, il faut se démarquer et trouver sa propre voix. Votre valeur comme expert découle non seulement de votre connaissance et expérience, mais surtout de votre opinion et perspective. Et plus celles-ci sont distinctes et originales, plus votre valeur sera élevée.

En d’autres termes, un expert doit être un leader avec une vision claire et personnelle. Ce qui définit un expert, c’est la façon dont sa pensée est organisée et la voie la plus rapide de développer cette vision et structure est d’écrire un livre. Je sais que ça paraît compliqué, mais imaginez la chose comme un article de plusieurs pages. Vous pouvez y arriver à l’intérieur d’un an.

  1. Se faire remarquer

Enfin, vous devez vous faire remarquer, c’est-à-dire faire la promotion de votre expertise. Vous ne pouvez pas être une autorité dans votre domaine si personne n’est au courant de votre existence même.

Heureusement, le web rend cette étape plus facile. Vous devriez mettre sur pied un site professionnel et/ou un blogue, prendre la parole le plus souvent possible (clubs, librairies, colloques, etc.), susciter de la couverture médiatique et du PR ainsi que vous créer une place importante dans les médias sociaux (Fred Gleeck).

Combien ça prend de temps avant d’attirer l’attention? Si vous avez bien réussi les deux premières étapes, vous serez capable de vous faire connaître et de vous positionner en tant qu’expert à l’intérieur d’un an.

Comme vous voyez, vous pourriez devenir un expert dans votre domaine en moins de cinq ans. Il n’y a pas de raccourci cependant; c’est un projet qui exige travail, concentration et détermination. Mais c’est vraiment la meilleure façon de décupler votre valeur ainsi que celle de la société en général.

Au final, c’est ça le but de l’apprentissage top niveau.

Pourquoi j’ai décidé d’être un généraliste (pour l’instant)

la vue d'ensemble du généraliste

Ma stratégie de blogging va à l’encontre de l’avis de la plupart des experts.

Un blogue devrait s’en tenir à un sujet et cibler un seul auditoire, n’est-ce pas? Comme le dit l’expert en blogging Jonathan Milligan, vous devez d’abord décider qui vous voulez aider et comment le faire. C’est essentiel de rester concentrer sur ce point.

Mais, comme vous l’avez remarqué, je fais exactement le contraire ici. Ma stratégie actuelle est d’aborder le grand domaine de l’apprentissage sous tous les angles possibles.

L’apprentissage est ma passion et je veux en explorer toutes les facettes. Autrement dit, je désire l’examiner à travers les yeux de différentes personnes, comme par exemple

  • un travailleur du savoir
  • un gestionnaire
  • un professeur
  • un étudiant
  • un parent
  • un enfant
  • un psychologue
  • un biologiste
  • un économiste
  • un anthropologue
  • etc.

Avec mon éducation en arts libéraux, je suis un généraliste de formation et il y a plusieurs avantages à cela.

D’abord, les généralistes sont souvent plus créatifs. En savoir peu sur beaucoup nous donne une vue d’ensemble et nous permet d’établir plus de liens. Dans ce monde interconnecté, certains avancent même que l’avenir appartient aux généralistes.

Ensuite, selon une étude qui a analysé plus de 80 000 prévisionnistes, les généralistes seraient capables de prédire l’avenir avec plus de précision que les spécialistes. Une explication est que les spécialistes sont souvent prisonniers de leur unique perspective. Dans un monde imprévisible comme le nôtre, les généralistes pourraient avoir un avantage ici aussi.

Cela étant dit, vous ne pouvez pas vous permettre de ne pas être un spécialiste non plus. Pour des raisons évidentes. Lorsque vous avez un problème, allez-vous voir un expert ou un homme à tout faire?

Alors, qu’est-ce que je dois faire?

Ma stratégie est de continuer d’explorer autant d’aspects liés à l’apprentissage que possible jusqu’à ce que j’aie publié 100 articles. Cette approche va me permettre de m’approprier ce sujet colossal ainsi que de tester mes options avant d’arrêter mon choix.

Par la suite, je vais sélectionner un champ spécifique et m’y concentrer. J’ai déjà une bonne idée de la direction que je vais prendre, mais je préfère poursuivre mon exploration avant de vous en faire part.

Quelle est la leçon pour les apprenants top niveau?

Vous devez trouver le bon équilibre entre les approches généraliste et spécialiste. Après avoir développé votre expertise, vous verrez comment vos compétences de généraliste vont prendre de la valeur.

La question, c’est comment s’y prendre. Certains, comme la stratège en marketing Dorie Clark, recommandent de bien maîtriser une niche en premier lieu et de s’étendre à partir de là. D’autres, comme moi, préfèrent faire le chemin inverse, c’est-à-dire développer une vue d’ensemble avant de choisir sa voie.

L’important, c’est d’avoir les deux.

Les deux grandes théories de l’évolution du cerveau

brain evolution

Les fossiles (volume crânien) et l’archéologie (outils) montrent clairement une évolution des capacités cognitives de notre espèce.

Mais, quand on y pense, notre niveau d’intelligence actuel est loin d’être nécessaire à la survie. Les chasseurs-cueilleurs pouvaient facilement se débrouiller sans abstraction, raisonnement et langage même.

Alors, d’où vient l’intelligence humaine? Pourquoi notre cerveau a-t-il triplé de volume au cours de notre parcours?

Deux principales raisons peuvent expliquer cette expansion cérébrale spectaculaire. Autrement dit, les humains ont augmenté leur volume cérébral pour pouvoir mieux faire face à l’un des deux éléments suivants ou une combinaison des deux :

  1. L’environnement physique
  2. Les autres êtres humains

Et cette situation a donné lieu à deux ensembles d’hypothèses, c’est-à-dire

  1. Les théories écologiques
  2. Les théories sociales

Les théories écologiques tentent de monter qu’apprendre à maîtriser l’environnement a graduellement forcé l’intelligence humaine à évoluer. Sans entrer dans les théories spécifiques, voici quatre facteurs qui peuvent avoir jouer un rôle dans cette expansion.

  1. La nourriture : Une corrélation existe entre la qualité du régime et la taille du cerveau chez les primates.
  2. Le ravitaillement : L’augmentation des sources d’approvisionnement a exigé une meilleure mémoire.
  3. La bipédie : L’utilisation des outils a sollicité de plus grandes capacités cognitives.
  4. Le climat : Les défis liés aux changements climatiques ont exigé une meilleure capacité à résoudre les problèmes.

Le problème avec les théories écologiques, c’est que ces facteurs ne sont pas spécifiques aux humains, ce qui peut expliquer pourquoi les théories sociales sont devenues plus populaires.

Les adeptes des théories sociales, de leur côté, soutiennent que les regroupements sociaux complexes ont été l’élément déclencheur du développement cognitif de notre espèce. Ici encore, au lieu de passer en revue les différentes théories, regardons trois facteurs importants (et interdépendants).

  1. La complexité sociale : La grande variété de règles sociales complexes a requis des habiletés cognitives élevées.
  2. La sélection sexuelle : Le choix de partenaires intelligents a créé une boucle de rétroaction positive.
  3. La langue : Un système de symboles élaboré favorise la conceptualisation et la capacité à faire des inférences.

Actuellement, le modèle prédominant expliquant l’émergence de l’intelligence humaine est la théorie de la domination écologique et de la compétition sociale (EDSC), qui est une combinaison de théories écologiques et sociales.

En résumé, ce modèle avance qu’une croissance initiale de l’intelligence a été suffisante pour vaincre les pressions de l’environnement, ce qui a entrainé une augmentation de la population. Cette situation, à son tour, a obligé les humains à se faire concurrence et à collaborer, ce qui donné lieu à une expansion du cerveau et de l’intelligence.

Les humains seraient donc devenus des apprenants top niveau grâce à la collaboration et la compétition.

On peut ici dresser un parallèle intéressant avec les travailleurs du savoir, dont le succès découle souvent d’un niveau élevé d’intelligence émotionnelle.

3 raisons pourquoi l’apprentissage est essentiel au leadership

learning is the key to leadership

Si vous avez déjà lu des livres ou assisté à des conférences sur le leadership, le sujet de l’apprentissage a dû sûrement occuper une part importante de la discussion, n’est-ce pas ? C’est toujours le cas.

« Leadership et apprentissage sont indissociables », comme le disait John F. Kennedy.

Mais si je vous demandais pourquoi l’apprentissage est essentiel au leadership, sauriez-vous me donner une réponse claire ?

Pas facile, n’est-ce pas ?

Voici ma réponse en trois points :

Les leaders doivent être des apprenants, car le leadership consiste à

  1. se changer soi-même
  2. changer les autres
  3. changer le monde

Le but du leadership, c’est donc le changement ?

Exactement.

Le vrai leadership est transformationnel, ce qui signifie qu’il vise à faire grandir les gens et à changer les choses pour le mieux.

  1. Le leadership consiste à se changer soi-même

À la base, ce premier principe implique que le leadership n’est pas une question de personnalité, mais de comportement. Devenir un leader veut donc dire améliorer son comportement et vos deux sources d’apprentissage ici sont votre passé et autrui.

On apprend de son passé en développant un degré élevé de conscience de soi, en identifiant ses erreurs et en ajustant son comportement en conséquence. C’est crucial de voir ses erreurs comme des opportunités.

On apprend des autres en observant, écoutant et demandant conseil. Les bons leaders regardent et écoutent plus qu’ils ne parlent. Comment pouvez-vous inspirer les gens si vous ne comprenez pas leurs besoins et motivation ?

  1. Le leadership consiste à changer les autres

Comme l’homme d’affaires américain H. Firestone l’a bien dit, « la croissance et le développement des personnes est la plus grande mission du leadership ».

Les bons leaders motivent donc les gens à apprendre et à aller au-delà de leur zone de confort. Le meilleur moyen d’y arriver, c’est d’enseigner par l’exemple et de servir de modèle. Au final, votre objectif en tant que leader est de produire plus de leaders.

  1. Le leadership consiste à changer le monde

« L’innovation, c’est ce qui distingue le leader du suiveur », pour reprendre les paroles célèbres de Steve Jobs. Alors, si vous n’avez pas de vision pour améliorer les choses, vous n’êtes pas un leader.

Mais avant de bousculer l’ordre établi et transformer votre organisation, il faut d’abord être un apprenant efficace. Il faut devenir le « changement qu’on veut voir dans le monde ».

En bout de ligne, les grands leaders n’ont pas d’autre choix que d’être des apprenants top niveau et ces derniers sont bien placés pour devenir de grands leaders.

Le leadership n’est pas un résultat, mais un processus ; c’est pourquoi l’apprentissage en est une partie intégrante.