Deux raisons fondamentales pourquoi les gens n’aiment pas le changement

peur du changement

J’ai grandi dans un milieu traditionnel où le changement n’était pas vu d’un bon œil. Par exemple, on rejetait les principaux changements sociaux des 50 dernières années, on avait tendance à voir le changement technologique d’un œil suspect et on préférait de beaucoup le bon vieux temps à notre époque moderne déprimante.

Mais depuis, je remarque une chose : ce parti pris en faveur du statu quo prédomine partout. D’accord, le monde change plus vite que jamais, mais honnêtement, il s’agit surtout de l’œuvre d’une poignée d’agents de changement.

Les gens résistent au changement pour des raisons politiques, sociologiques et psychologiques. Aujourd’hui, je vais m’arrêter sur ces dernières et montrer que cette résistance au changement est ancrée profondément.

Et voici les deux responsables de cette situation :

  1. La peur : on est programmé pour initialement ne pas aimer les stimuli inhabituels
  2. La paresse : on utilise le système 1 (un mode de pensée automatique) par défaut

D’abord, les gens préfèrent inconsciemment des choses pour l’unique raison qu’elles leur sont connues. Il s’agit du phénomène de l’effet de simple exposition, qui a été amplement étudié en psychologie.

Évidemment, pour nos ancêtres, tout ça était logique. Comme le fait remarquer le psychologue Gary Marcus, ce qu’arrière-arrière-arrière-grand-mère connaissait et qui ne l’a pas tué était certainement plus fiable que ce qu’elle ne connaissait pas. De même, ceux qui restaient accroché au connu avaient de meilleures chances de survie que ceux qui s’aventuraient en terrain inexploré.

La peur de l’inconnu et l’attachement au familier ont peut-être jadis contribué à notre adaptation, mais maintenant on est coincé avec ce biais inconscient. Ça explique pourquoi les élus en exercice sont habituellement favorisés lors d’une élection et pourquoi les gens vont parfois jusqu’à défendre des systèmes qui menacent réellement leurs intérêts personnels (esclavage, communisme, apartheid, etc.).

Ensuite, les gens s’en remettre instinctivement à un processus cognitif, le système 1 (voir mon article sur le sujet), qui décourage le changement.

Oui, on est paresseux et on préfère souvent utiliser des heuristiques (raccourcis mentaux) plutôt qu’une réflexion structurée. Par exemple, au lieu d’analyser les coûts et bénéfices d’un changement, on applique cette règle simple : « Si c’est en place, ça doit fonctionner ».

Ce recours automatique au système 1 explique pourquoi nous sommes des êtres d’habitudes et pourquoi c’est si difficile de nous détacher de nos routines et zones de confort. C’est vrai que les habitudes augmentent notre efficacité, mais ils entravent aussi l’amélioration et l’innovation.

Il est toujours possible de changer pour le mieux; il faut donc être sans cesse à l’affût de ces occasions d’amélioration. Plus que tout autre, les apprenants top niveau doivent éviter l’inertie et accueillir le changement.

3 choses à savoir sur la courbe d’apprentissage

la courbe d'apprentissage

À mon travail, on se dispute actuellement à propos de notre courbe d’apprentissage (évidemment, c’est pas le terme qu’on emploi).

Ça concerne nos échelles salariales et catégories d’emploi. Pour faire une histoire courte, si on arrive à prouver à notre employeur que ça prend à nos recrus deux ans au lieu de seulement un an pour devenir complètement autonomes, on passe à la catégorie supérieure et on obtient une augmentation de 5%. Oui, il y a de l’excitation dans l’air!

Dans n’importe quel travail ou activité humaine, l’efficacité augmente avec la répétition et une courbe d’apprentissage est la meilleure façon de quantifier et montrer cette amélioration graphiquement.

Voici trois choses que vous devriez savoir sur cette courbe.

D’abord, la courbe d’apprentissage peut monter ou descendre. Elle descend lorsqu’on mesure la diminution du temps, énergie ou nombre d’essais requis pour accomplir une tâche (axe vertical) à mesure que l’expérience augmente (axe horizontal).

Mais habituellement, la première image qui nous vient en tête, c’est une courbe ascendante. Dans ce cas, on mesure la croissance des résultats or du volume d’apprentissage (axe vertical) produit par une hausse de l’expérience (axe horizontal).

En passant, lorsque les anglophones parlent d’une steep learning curve, ils expriment en fait le contraire de ce qu’ils veulent dire parce qu’une courbe d’apprentissage abrupte indique plutôt un progrès rapide.

Deuxièmement, une courbe d’apprentissage prend généralement la forme d’un S (voir image ci-dessus). Lorsqu’on commence quelque chose de nouveau, c’est souvent difficile au départ; puis, après un certain temps, le progrès s’accélère; mais avec le temps, le rythme d’amélioration finit par diminuer et éventuellement se stabilise.

Cette dernière phase est liée à la loi des rendements décroissants, qui stipule que le perfectionnement devient de plus en plus difficile à mesure qu’on s’approche d’un niveau d’expertise élevé. Chaque unité d’input va produire de moins en moins d’output.

La forme en S se produit surtout avec l’apprentissage de compétences. Je peux en témoigner : ma fille apprend à jouer de la flûte actuellement.

Troisièmement, la courbe d’apprentissage est utilisée dans plusieurs secteurs, pas seulement pour évaluer le progrès des travailleurs, mais celui de toute l’organisation. Chaque fois qu’on double le volume de la production, le taux d’amélioration peut augmenter de 5% à 30% selon le type de travail.

Voici quelques taux d’apprentissage moyens de certains secteurs:

  • Matières premières: 5%
  • Fabrication d’appareils électroniques: 10%
  • Aéronautique: 15%
  • Construction navale: 20%
  • Opérations électriques: 25%

Comme le montre mon anecdote ci-dessus, mon employeur nous rémunère selon des catégories de difficulté prédéfinies plutôt que sur l’amélioration individuelle. Pourtant les variations n’existent pas seulement au niveau des tâches, mais évidemment aussi entre les personnes.

Savez-vous comment reconnaître la courbe d’apprentissage d’apprenants top niveau? Eh bien, cherchez des courbes qui sont droites, accentuées et qui semblent ne plus vouloir s’arrêter.

La croissance économique est impossible sans apprentissage

causes de la croissance économique

« Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez donc l’ignorance », comme l’a bien dit un ancien directeur de l’Université Harvard.

Quel que soit son but premier, l’éducation a un impact énorme sur la productivité et la santé économique d’un pays.

Lorsqu’on regarde les données, on voit une corrélation claire entre le niveau de scolarité d’une population (taux de scolarisation) et le PIB de son pays. Aujourd’hui, allons plus loin et voyons pourquoi l’apprentissage est actuellement le principal moteur économique.

Tout d’abord, comment est-ce qu’une économie croît?

Si vous vous souvenez de vos cours d’économie, vous savez que la croissance dépend habituellement de l’augmentation des quatre facteurs de production traditionnels, c’est-à-dire

  1. La terre
  2. Le travail
  3. Le capital
  4. L’entrepreneuriat

Mais en réalité, ces éléments sont généralement assez fixes dans les économies développées. Au lieu, comme certaines théories récentes l’ont proposé, la croissance économique se résume à deux facteurs :

  1. Travailler plus intelligemment (capital humain)
  2. Utiliser de meilleurs outils (technologie)

Donc, le truc dans les économies du savoir, c’est de faire mieux, pas d’avoir plus. Évidemment, travailler plus fort, utiliser plus de machines et extraire des ressources naturelles de plus de terres va générer de la croissance. Mais ce n’est pas de là que vient la majeure partie de nos gains en productivité des dernières décennies.

Plutôt, ces gains ont été obtenus grâce à une amélioration de nos équipements et de notre façon de travailler. Autrement dit, la croissance actuelle découle surtout d’une utilisation plus efficace d’actifs existants. Examinons brièvement les deux façons d’atteindre ce résultat.

Le capital humain désigne le savoir, les compétences et l’expérience des travailleurs d’un pays. En général, plus ces travailleurs sont formés et scolarisés, plus ils deviennent productifs. Le principe général derrière ceci, c’est la spécialisation et division du travail, qui a été l’une des forces économiques les plus puissantes depuis la révolution industrielle.

L’innovation technologique désigne le développement et l’adoption de meilleurs procédés et produits. Même s’ils sont en désaccord sur la proportion de la croissance qui est générée par les nouvelles technologies, tous les économistes affirment qu’elles jouent un rôle capital. Par exemple, le gagnant du prix Nobel Robert Solow lui attribue plus de 80%.

Alors, qu’est-ce qui permet au savoir et à la technologie de se développer?

Un apprentissage efficace, bien sûr. Dans un monde où le changement est omniprésent, il n’y a pas de meilleur moyen, pardon, il n’y a pas d’autre moyen de réussir.

Par conséquent, les apprenants top niveau sont vraiment au cœur de la croissance économique.

Pourquoi j’évalue régulièrement mes étudiants même si ce n’est pas populaire (et la leçon pour les apprenants top niveau)

évaluation des étudiants

Ça peut vous surprendre, mais je me fais critiquer pour ma façon d’enseigner. Plus précisément, certains de mes collègues pensent que je donne trop d’évaluations. Je le confesse : j’aime mes interro et je jauge normalement le progrès de mes étudiants chaque semaine.

Mais « les profs devraient passer moins de temps à évaluer et plus de temps à enseigner, » comme me le rappelle souvent le Badass Teachers Association sur Facebook. De même, pour certains de mes collègues, ma stratégie sent la vieille école. Ils disent que tester fréquemment sape le sens des responsabilités et la motivation intrinsèque des apprenants.

Mais, pour ma part, donner des tests sur une base régulière m’a toujours semblé être une méthode efficace et il y a quelques années, cette intuition a été confirmée par la plus grande recherche scientifique au sujet de ce qui fonctionne le mieux en éducation. En effet, la méga-étude de John Hattie, Visible Learning, est une synthèse de 50 000 études impliquant plus de 80 millions étudiants ; ce n’est pas pour rien qu’elle a été appelée le saint graal de l’éducation.

Hattie a identifié 138 facteurs de réussite scolaire et les a classés par degré d’efficacité. Voici son top dix :

Optimized-ranks

Comme on le constate clairement, donner des évaluations formatives arrive au troisième rang (formatif veut dire à valeur faible ou sans valeur sur la note). Laissez-moi répéter : évaluer a le troisième effet le plus puissant sur l’apprentissage parmi les centaines de variables qui ont été examinées.

En réalité, les tests formatifs remplissent deux fonctions :

  1. Ils mesurent l’apprentissage
  2. Ils renforcent l’apprentissage

D’abord, le suivi du progrès fournit un bon aperçu du progrès accompli, ainsi que de ce qui marche et ce qui ne marche pas, ce qui permet et au prof et à l’étudiant de s’ajuster en conséquence. Et, plus souvent ils recevront cette rétroaction, plus rapidement ils pourront rectifier le tir.

Deuxièmement, plusieurs études récentes (faisant sûrement partie de la méga-analyse de Hattie) ont établi que passer des tests est une des meilleures façons de consolider son apprentissage et ceci devrait être fait plus tôt que tard (même si l’apprentissage n’est pas terminée).

Par exemple, une des études montre que donner des interro sur une base régulière comme je le fais augmente les résultats de quelques points par rapport à l’administration de quatre grands examens. La recherche la plus célèbre a été faite par Roediger, qui propose une liste de dix avantages de l’évaluation régulière.

C’est ici la leçon à tirer pour les apprenants top niveau. Vous devez vraiment arrêter de voir l’étude et l’évaluation comme deux choses différentes.

L’auto-évaluation, c’est l’acte d’apprendre à son meilleur.

2 raisons pourquoi c’est si dur d’apprendre une langue seconde

acquisition d'une langue seconde

Au cours de mes études à l’étranger et dans mon travail lié au domaine linguistique, j’ai entendu pas mal de locuteurs de langues secondes. Pourtant, j’ai seulement rencontré une personne qui parlait ma langue, comme langue seconde, avec une maîtrise parfaite. En fait, je n’arrivais pas à croire que ce n’était pas sa langue maternelle.

Pourquoi est-ce qu’apprendre une langue semble un jeu d’enfant pour un bébé, mais un pénible casse-tête pour un adulte? Comment ça se fait qu’à mesure que notre capacité générale à apprendre augmente, notre aptitude à assimiler une langue diminue ?

Voici les deux coupables :

  1. Le cerveau
  2. Le processus d’apprentissage

Pour les bébés, apprendre signifie choisir. Un enfant de trois ans a environ deux fois plus de connexions neuronales (synapses) qu’un adulte. Lorsque l’élagage synaptique commence son travail, les connexions faibles se font supprimer tandis que celles qui sont en utilisation sont consolidées. Donc, au moment où le cerveau gagne en efficacité, il doit laisser tomber certaines opportunités.

Cette opération est évidente lorsqu’il s’agit de l’apprentissage des langues. Une étude de Hyltenstam et Abrahamsson montre que si vous manquez le bateau et n’êtes pas exposé tôt à une langue (oui, la fameuse période critique), vous n’atteindrez probablement jamais le niveau de compétence d’un locuteur natif (désolé).

Par exemple, les bébés à la naissance ont l’extraordinaire capacité de distinguer les sons de toutes les langues humaines, mais à mesure qu’ils grandissent, leur cerveau fait le ménage dans les connexions inutilisées et cette sensibilité aux autres langues chute radicalement.

De la même façon, il est pratiquement impossible d’acquérir parfaitement un système de classement par genres si ça n’a pas été fait pendant l’enfance (contrairement à plusieurs langues européennes, l’anglais n’attribue pas de genre aux noms communs).

Maintenant que la mauvaise nouvelle est derrière nous, regardons ce qu’on peut apprendre de la façon dont les bébés maîtrisent leur langue maternelle.

Si l’acquisition de langues étrangères ressemble à l’ascension du Mont Everest, c’est parce que le plus souvent on utilise le système 2 (voir mon article sur le sujet). Lorsque vous étudiez votre allemand dans votre salon ou salle de classe, vous mettez l’accent sur un processus d’apprentissage qui est rationnel, délibéré et conscient. Vous vous installez à votre bureau et vous essayez de trouver des façons d’assimiler la matière, n’est-ce pas ?

Les enfants, de leur côté, maîtrisent leur langue maternelle exclusivement par le système 1 et n’ont même pas besoin de rétroaction pour savoir s’ils l’utilisent correctement. Contrairement au système 2, qui se passe dans le cortex préfrontal, le système 1 se sert du système limbique, où le processus d’apprentissage est implicite, instinctif et spontané.

C’est pourquoi l’immersion est si efficace. Évidemment, le fait d’être en contact total avec la langue joue un rôle important, mais cette méthode permet aussi au système 1 d’entrer en jeu et d’ouvrir un tout nouveau type d’apprentissage.

Alors, quelle est la leçon pour ceux et celles qui apprennent une langue étrangère ?

D’abord, relaxez. C’est normal de trouver l’exercice laborieux. Il faut donner le temps au cerveau de créer de nouveaux passages. Aussi, vous devez savoir que certains aspects de cet apprentissage n’ont pas de période critique. Ensuite, comme les apprenants top niveau le savent maintenant, faites appel au pouvoir du système 1 (restez à l’écoute pour plus d’info là-dessus).

Les gens ne pensent pas comme des scientifiques (mais les apprenants top niveau le doivent)

comment apprendre comme un scientifique

Un de mes bons amis préfère nettement « avoir raison » que d’avoir l’information exacte. Il a un tas d’opinions et théories sur tout, mais si vous lui présentez un fait qui contredit l’une d’entre elles, il va engager toute sa vigueur argumentaire pour combattre ce fait.

En réalité, nous sommes tous comme lui à différents degrés et ce phénomène entre en flagrante contradiction avec la populaire théorie de l’apprentissage par la découverte, qui postule qu’on apprend intuitivement comme des scientifiques.

Ça veut dire quoi, apprendre comme un scientifique ?

Ça veut dire créer activement son propre apprentissage et ce, en

  1. explorant son environnement
  2. produisant des idées
  3. testant ces idées et
  4. modifiant son modèle en conséquence.

Autrement dit, le but de la pensée scientifique est de coordonner les faits (choses qu’on observe) et les théories (idées sur la façon dont ces choses fonctionnent).

Donc, pour que les gens pensent comme des scientifiques, ils doivent au minimum être capables de

  1. distinguer les faits des théories et
  2. actualiser leurs théories à la lumière de nouveaux faits

Comme le montrent plusieurs études, il s’agit de deux capacités que les personnes non formées ne semblent pas posséder.

Après avoir lu l’étude de la chercheure Deanna Kuhn, vous remarquerez en effet que les gens ont souvent du mal à différencier faits et théories dans la vie de tous les jours.

Laissez-moi vous donner le plus simple des exemples. Quand vous voyez des gens sourire, vous croyez observer le fait qu’ils sont heureux, n’est-ce pas ? Mais en réalité, vous ne pouvez pas observer le bonheur. Ce que vous avez, c’est seulement une théorie ; certainement une théorie plausible, mais seulement une théorie. 

Même lorsqu’on arrive à bien différencier les faits des théories, la capacité de modifier ses théories pour les faire correspondre aux faits n’est pas quelque chose qu’on fait spontanément non plus. Comme l’a montré l’étude classique de Lord, Ross et Lepper, quand ils tombent sur un fait qui contredit leur théorie, les gens vont souvent l’ignorer ou l’interpréter d’une façon biaisée (biais de confirmation).

Évidemment, avec l’accumulation de faits semblables, les gens vont éventuellement ajuster leur théorie en conséquence. Par contre, ce processus se produit inconsciemment ; contrairement aux scientifiques, les gens ne vont donc pas activement réviser leurs modèles (Kuhn).

Avec la quantité d’informations qui nous arrivent de toute part, la pensée critique est plus cruciale que jamais. Mais penser comme un scientifique est une habileté qui doit s’acquérir et ce, avec une bonne dose d’effort. Et si vous désirez devenir un apprenant top niveau, c’est une compétence que vous n’avez pas le choix de développer.

Le meilleur premier pas que vous pouvez faire dans cette direction, c’est de mettre votre égo de côté et de vous posez cette question : « Qu’est-ce qui pourrait me montrer que j’ai tort ? »

4 trucs incontournables pour dynamiser votre apprentissage

how to optimize learning

Récemment, un des mes collègues a voulu tester mon expertise naissante et m’a demandé de lui suggérer des stratégies d’apprentissage incontournables, que ce soit pour améliorer des pas de danse, des techniques oratoires ou la maîtrise d’une nouvelle langue.

Alors voici quatre trucs de base donnés par la spécialiste Monisha Pasupathi dans How We Learn.

  1. Distancez vos pratiques
  2. Mélangez-les
  3. Établissez des liens
  4. Laissez le tout dormir

Espacer les pratiques ou études est la première étape essentielle pour tous apprenants sérieux. Laisser un intervalle de temps suffisant entre vos pratiques ou études, c’est comme changer votre ordi Pentium pour le dernier iMac (désolé si vous n’êtes pas un fan des macs). Ça va décupler votre rendement. Pour en savoir plus sur ce que veut dire « intervalle suffisant », consultez mon article à ce sujet.

Varier la façon d’apprendre est la deuxième corde à votre arc. Vous vous souvenez du vieux conseil de s’en tenir à une routine fixe ? Jetez ça à la poubelle. Changez régulièrement où, quand et comment vous pratiquez et étudiez. Par exemple, au lieu de toujours réviser votre espagnol sur des fiches dans votre chambre, essayez de trouver les mots dans un texte ou parlez-en avec d’autres. Chaque changement de routine renforce votre apprentissage en le rendant plus indépendant du contexte.

Utiliser l’encodage élaboratif est la troisième stratégie applicable partout. Ce grand mot veut simplement dire que vous devez associer la nouvelle matière à vos connaissances antérieures, soit de façon délibérée en l’organisant en fonction d’informations ou d’expériences passées, ou implicitement en utilisant d’anciens mouvements pour en produire de nouveaux. Pour en savoir plus, consultez mon article à ce sujet.

Dormir suffisamment est votre quatrième pouvoir. Le sommeil consolide l’apprentissage en aidant le cerveau à finaliser les nouvelles connexions neuronales créées par la pratique et l’étude. Des images cérébrales montrent que la configuration d’activités produite par un apprentissage est reproduite pendant le sommeil paradoxal (heureusement que le corps est paralysé pendant cette phase). Le sommeil agit donc comme une répétition additionnelle au niveau cérébral.

C’est ce que j’ai donc recommandé à mon collègue. Vous voulez atteindre le stade d’apprenant-e top niveau ? Commencez par intégrer ces quatre habitudes dans votre routine quotidienne.