L’origine de l’apprentissage

apprentissage dans évolution humaine

“On est ici pour apprendre”. Voilà ce qu’un de mes amis lance quand il fait une rechute et commet une gaffe qui sent l’alcool (ne vous inquiétez pas; il ne lit pas ce blog).

Cette remarque m’a toujours intrigué. Qu’est-ce qu’on doit apprendre au juste et dans quel but? Mais quand on s’y arrête, son affirmation recèle une autre signification. Peut-être qu’il veut dire qu’apprendre est un but en soi, qu’on vient au monde pour apprendre.

Selon plusieurs neurologues, une telle conception colle exactement à la réalité. Le cerveau humain nous arrive avec un degré de flexibilité qui pousse à l’apprentissage.

Tout être vivant suit son code génétique. Par exemple, les papillons de nuit sont attirés par les flammes parce qu’ils sont programmés pour se déplacer à la lumière de la lune; ils sont incapables de changer selon leur expérience.

Mais quelques espèces sont arrivées à se détacher de leur programmation et à se fier leur expérience pour survivre et se reproduire. On peut dire que l’apprentissage est né le jour où un organisme est parvenu à passer outre les instructions instinctives de son ADN afin de réagir à son environnement à pied levé.

Comment les humains sont-ils devenus des apprenants experts?

Essentiellement en naissant prématurément, avant que leur cerveau ne soit prêt. Comme l’explique le docteur Medina, si le cerveau complétait son développement à l’intérieur du ventre maternel comme prévu, la tête du bébé serait trop grosse.

Donc, on est une espèce d’apprenants top niveau parce nos neurones, au lieu de ralentir, continuent de se multiplier follement après la naissance. Saviez-vous que le cerveau d’un enfant de trois ans est deux fois plus actif que celui d’un adulte normal?

Tout compte fait, mon copain a parfaitement raison. Nous sommes biologiquement construits pour apprendre. Le cerveau a la chance incroyable de pouvoir tester son environnement pendant qu’il est assez malléable pour s’adapter. Cette souplesse cérébrale nous permet de cartographier le monde en temps réel et de s’ajuster aux circonstances sur-le-champ.

Savoir détecter les opportunités et dangers et s’adapter en conséquence, n’est-ce pas la meilleure définition d’un-e apprenant-e top niveau?

Pourquoi j’ai laissé tomber la radio parlée pour écouter de la musique

musique vs radio parlante

Jusqu’à récemment, je regardais de haut les gens qui écoutaient de la musique sur la route.

Quelle perte de temps. Pourquoi ne pas profiter de ce temps mort pour se tenir au courant de ce qui ce passe dans le monde? Qui ne souhaite pas être la personne la plus informée dans la pièce? C’est tentant, mais non merci. J’en suis venu à cette conclusion récemment : toute cette info, ça ne m’apporte rien.

Vous l’aurez peut-être deviné : je suis un nouveau converti au régime faible en informations. Voici pourquoi.

Lorsque vous roulez vers votre boulot ou opérez n’importe quelle tâche en autopilote, votre cerveau est sur l’un des trois modes suivants. Soit vous vous concentrez sur ce qui se passe dans votre tête (réflexion profonde), soit vous vous concentrez sur ce qui se passe autour de vous (réception d’informations), soit vous ne vous concentrez pas du tout (pensée superficielle).

Or, c’est impossible de devenir un-e apprenant-e top niveau si vous ne développez pas votre capacité de réflexion, ce qui implique nécessairement de faire plus de place au premier mode.

Évidemment, l’acquisition de nouvelles informations est cruciale. Comme l’a montré Benjamin Bloom, les habilités supérieures de la pensée s’en nourrissent. Par contre, un apprenant-e top niveau doit filtrer et limiter les informations entrantes.

Tim Ferris vise en plein dans le mille lorsqu’il affirme qu’une richesse d’informations crée une pauvreté d’attention. Et vous savez quoi? L’attention, c’est le carburant de la réflexion claire, profonde et créatrice. Toute nouvelle information qui ne vous fait pas réfléchir devrait être classée comme divertissement.

Notre troisième mode de pensée, le vagabondage de l’esprit, ne devrait pas être écarté comme étant complètement inutile. Tout d’abord, c’est le mode de fonctionnement par défaut du cerveau (nous y sommes près de la moitié du temps). Mais plus important encore, ce mode produit des idées créatives car il est propice aux associations d’idées.

Pendant vos temps morts, essayez donc de réduire votre apport d’informations et le vagabondage de l’esprit; faites plutôt de la place à la réflexion profonde (c.-à-d. celle qui donne un résultat), telle que la recherche et résolution de problèmes, ainsi que la planification (de votre prochain blog par exemple).

La prochaine fois que vous conduirez votre voiture, faites comme moi. Syntonisez de la musique (ou éteignez tout bruit) et commencer à réfléchir.

Le bonheur, c’est une tête vide

paix de l'esprit

Un de mes collègues vit dans un état d’allégresse continuel. Vous savez c’est quoi son secret? Il garde son esprit dans le présent et ne laisse pas son cortex préfrontal interférer avec sa vie. Évidemment, adopter une telle stratégie comporte le risque de limiter gravement votre développement, n’est-ce pas?

Mais récemment, j’ai trouvé une façon d’atteindre son niveau de bonheur sans sacrifier mon avenir.

Vous devez d’abord comprendre que le cerveau a été initialement programmé pour vivre dans le moment présent. À la base, notre mémoire fonctionne comme un mécanisme adaptatif et notre capacité à prévoir et planifier semble assez récente.

Par contre, si vous essayez de vivre comme dans la préhistoire sans avoir la sécurité d’emploi, notre société axée sur les résultats va vous bouffer tout cru.

Comment donc réconcilier votre fonctionnement psychologique avec les exigences de votre environnement? La clé est d’avoir un système personnel fiable et d’y vider régulièrement sa tête. Comme le dit si bien David Allen, votre cerveau n’est pas fait pour stocker des idées, mais en avoir.

Ensuite, vous devez planifier du temps pour la réflexion; sinon, vous ne réfléchirez jamais. Sérieusement. Penser n’est pas un acte naturel; ça demande du temps et de l’énergie. La plupart des gens ruminent et rejouent des trucs dans leur tête et appellent ça réfléchir.

Une fois que vous pratiquerez des vidages cérébraux réguliers et que vous vous donnerez des temps d’arrêt pour réfléchir, vous pourrez donc vous permettre de vous promener la tête vide comme mon collègue. Une telle tranquillité d’esprit n’augmentera pas seulement votre bonheur, mais aussi votre faculté de réflexion.

Après avoir ainsi libérer de l’espace mentale, préparez-vous à recevoir vos meilleures idées.

Comment devenir un apprenant top niveau en 3 étapes

optimisation du cerveau

J’ai fréquenté l’uni pendant sept ans et j’ai décroché quatre diplômes. Au cours de cette période, personne ne m’a jamais montré comment mieux étudier, penser ou apprendre. Comme la plupart, j’ai appris à apprendre par essais et erreurs.

Maintenant, en tant que prof, je dois avouer avec un certain embarras que j’aide rarement mes étudiants à améliorer leur façon d’apprendre.

Je vais briser ce cycle aujourd’hui en présentant trois étapes clés de l’apprentissage top niveau.

Un-e apprenant-e top niveau, c’est quelqu’un qui est capable de modifier rapidement ses connaissances, habiletés et comportement pour s’adapter à son environnement. Plus précisément, c’est quelqu’un qui arrive à maximiser la rapidité et la taille de ce changement.

Pour y parvenir, vous devez travailler sur trois domaines: votre réceptivité, votre comportement et vos compétences (RCC).

D’abord, il n’y a pas de véritable apprentissage sans réceptivité ou sensibilité à l’expérience. Que vous appreniez l’espagnol, le golf ou comment être plus aimable, vous devez aiguiser votre sens d’observation pour distinguer ce qui marche pas mal de ce qui marche très bien. Même si un coach ou un prof vous donne déjà une rétroaction, c’est essentiel de savoir évaluer correctement ses pratiques et résultats d’apprentissage.

Vous voulez décupler vos capacités d’auto-évaluation? Tenez un journal personnel.

Deuxièmement, comme n’importe quel athlète de haut niveau, vous devez adopter des comportements ou habitudes efficaces.

Voici une courte liste de cinq pratiques nécessaires pour maintenir un haut niveau d’apprentissage: la prise de notes, l’élimination d’info non pertinentes, la gestion du temps, l’entrainement physique régulier et le sommeil profond.

La dernière étape est au cœur de votre quête. Vous devez maîtriser certaines stratégies et compétences cruciales.

En voici dix, que j’approfondirai plus tard dans ce blog : l’apprentissage actif, la pré-évaluation, l’encodage élaboratif, la pratique délibérée, la visualisation, l’organisation sémantique, le ratio optimal théorie / pratique, les intervalles de répétition optimales, l’amélioration de la mémoire de travail et le renforcement perceptuel.

Les travailleurs du savoir n’ont pas d’autre choix que de devenir des apprenants top niveau. Le futur arrive de plus en plus vite et la durée de vie de nos connaissances et compétences techniques raccourcit donc de plus en plus.

Devenir un-e apprenant-e top niveau devient donc votre meilleur avantage compétitif.

3 raisons pour lesquelles vous devriez arrêter de lire et commencer à écrire

pourquoi écrire

J’adore les domaines de l’apprentissage et des sciences cognitives; aussi j’ai lu pas mal de livres sur ces sujets. Mais maintenant, je dois mettre un terme à cet apport d’informations et passer en mode production.

Voici pourquoi.

D’abord, Tim Ferris a raison. Si vous lisez trop et faites rarement travailler votre cerveau, votre faculté de réflexion s’affaiblira. En tant que travailleur du savoir, votre premier travail est de réfléchir et créer de la connaissance. Intégrer de l’information ne représente donc que la première partie de l’équation. À un certain moment, vous devez atteindre votre plein potentiel.

Ensuite, comme le rappelle Cal Newport, la meilleure façon d’apprendre est d’enseigner. Vous voulez que votre nouveau savoir reste dans votre mémoire à long-terme? Décrivez ou organiser cette info dans vos propres mots. Et comme tout créateur le sait, la meilleure stratégie pour y arriver, c’est de coucher ses idées sur le papier (numérique).

Enfin, ce qui définie un expert n’est pas la taille de sa connaissance, mais plutôt la façon dont elle est organisée. Ici encore, écrire est essentiel, parce ça vous force à structurer vos pensée. Éventuellement, vous trouverez les concepts clés et les idées fondamentales sur lesquels bâtir votre expertise.

En tant que travailleur du savoir, vous devez investir dans votre principal capital, c’est-à-dire le savoir. Écrire vous permettra d’atteindre ce niveau de réflexion où la savoir est créé.

Donc, même si personne ne lit votre blog, continuez à le nourrir; c’est le chemin le plus direct pour devenir un-e apprenant-e top niveau.